CAHIER D’EXIL : L’odyssée de Merab, de l’Exil à l’entrepreneuriat.

Photo Merab en plein travail

La valorisation des compétences est un phénomène parfois très problématique. De nombreuses entreprises ont de la réticence à recruter des personnes exilées sur la base de leurs acquis. C’est une situation à l’origine du déclassement, ou d’un esprit défaitiste chez ces personnes souhaitant se relever après une chute. Dans l’univers tumultueux de l’exil, émerge l’histoire remarquable de Merab.

D’origine géorgienne, Merab est un exilé arrivé en France en 2018, à la suite du conflit Russo ukrainien. Son voyage est une célébration de la résilience humaine et de la capacité à se reconstruire. Parallèlement, METISHIMA se révèle, à ce niveau, comme un soutien, et un catalyseur d’espoir vers l’entreprenariat.

Cet article nous invite tous à plonger dans l’épopée de Merab, qui est un voyage émouvant du désespoir vers la dignité retrouvée. Il souligne l’impératif de soutenir les talents exilés dans leur quête d’intégration et de réalisation de soi.

Les Origines d’un double Départ Forcé : Le Chemin de l’Exil de Merab

  Image des soldats géorgiens lors du conflit en 2008

Originaire de la Géorgie, Merab grandit dans une famille aimante dans laquelle il passe une enfance joyeuse. Il est entouré de ses frères et sœurs avec qui il partage des liens très forts. En 2008, dans un contexte de conflit acharné, l’armée russe occupe 20% du territoire géorgien. Ne pouvant rester les bras croisés, et dans un élan patriotique, Merab et ses camarades vont se lever pour défendre leur pays. A cet effet, ils rejoignent les forces de défense géorgiennes.

Quelques années se sont écoulées et en 2012, survient le changement du gouvernement géorgien marqué par l’arrivée au pouvoir de l’oligarque russe Ivanichvili. Merab, ne partageant pas la même idéologie que le nouveau dirigeant, est obligé d’abandonner son pays tant aimé pour l’Ukraine. C’est la première phase de son exil, motivée par sa quête pour la survie. Dans ce pays d’accueil, il  réussit à reconstruire en trouvant un emploi dans lequel il s’épanouit. Il se lie d’amitié avec ses nouveaux collègues, qu’il considère comme des membres de sa famille. Malheureusement, la stabilité retrouvée en Ukraine ne sera que de courte durée.

En 2018, la montée des tensions entre les présidents Porochenko et Saakachvili l’oblige à quitter l’Ukraine pour une nouvelle terre. Merab et sa famille perdent leur logement et retombent dans la souffrance. C’est le début d’un nouveau calvaire qui le plonge dans un sentiment d’éternel recommencement. 

Un talent et des compétences acquises avant l’exil.

Photo de Merab et ses camarades pendant un cours au secondaire

Bien que la vie de Merab semble instable depuis son départ de la Géorgie en 2014, elle est tout de même riche en expérience. C’est une richesse observable sur le plan académique et professionnel.

Sur le plan académique, il débute ses études secondaires en 1982 dans la ville de Ville Khoni où il obtient son bac en 1989. Intéressé par le domaine de l’automobile, il intègre la Technical university. C’est une institution située dans la ville de Koutaissi où il suit une formation en ingénierie mécanique. En 1994 Merhab est nanti d’un bac+5, avec un diplôme d’ingénieur mécanique qui lui ouvre les portes du monde professionnel.

Sur le plan professionnel, Merab connaît sa première expérience en 1995. Il occupe le poste d’Assistance d’Ingénierie mécanique dans le secteur de la logistique et du transport. Dans ce secteur, il y restera pendant une dizaine d’années, renforçant ses connaissances et compétences. Durant cette période, il fait la rencontre de Larisa qu’il épouse en 1999. De cette union naîtront deux garçons, Shako et Luka qui comblent d’allégresse, la vie du couple.

La vie en France : des difficultés jusqu’ici ignorées.

Photo de Merab à son arrivée en France

Si l’arrivée en France est un présage d’un avenir meilleur, elle cache aussi l’existence des difficultés jusqu’ici inconnues. En 2018, dès son arrivée en France, Merab est tout de suite confronté à la dure réalité. C’est l’avènement d’une vie qui présente des collines difficiles à gravir. 

Sans soutien, il se retrouve dans la rue. Vivant dans des conditions de grande précarité, son état de santé empire. Sans une couverture médicale, il est admis à l’hôpital de la Sainte Pétrière. A cause son état de santé, il ne peut retourner dans la rue. Il sera orienté vers un logement social, avec l’appui du corps médical. Il nous confie avoir eu d’énormes difficultés pour se nourrir.

C’est dans cette précarité que la famille de Merab le rejoint. Outre des difficultés évoquées, il est confronté à la barrière langagière. Merab qui s’exprime uniquement en Géorgien et en Ukrainien, est obligé d’apprendre le Français. Dans ce nouveau contexte, cette langue devient capitale pour ses activités quotidiennes. Dans le même ordre, il connait de multiples freins pour s’adapter à une nouvelle culture.

Concernant ses démarches administratives, son dossier en lien avec l’acquisition du statut de réfugié est rejeté. En 2019, Merhab est sommé d’une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF). Il s’en suit une longue période de procès juridique dans le cadre de la procédure d’appel suite à la décision de l’OFRA. En 2021, Merab obtient gain de cause et bénéficie du statut de réfugié. C’est le début d’une nouvelle vie. 

Metishima, un soutien pour l’entreprenariat des exilés.

Photo de Merab dans les locaux du partenaire associatif ADIE

Confronté à de nombreuses difficultés, Merab fait la rencontre de Metishima en 2022. Après avoir été reçu par l’association, il est orienté vers un accompagnement juridique en vue de sa régularisation. Tout en poursuivant ses démarches administratives, Merab garde le contact avec Metishima jusqu’à sa régularisation. 

C’est le début d’une nouvelle étape, dans l’accompagnement vers l’insertion professionnelle. Un important travail permettant de valoriser les compétences et de définir le projet professionnel, est effectué entre Merab et Metishima. La collaboration entre Metishima et son partenaire associatif l’ADIE, permet à Merab de trouver des financements pour l’auto entreprenariat. 

Depuis 2023, il est à la tête d’une entreprise dans le domaine de la logistique et du transport. De par à sa volonté de comprendre le marché français, Merab reprend ses études universitaires. En 2021, il obtient un DU RESPE à l’université de la Sorbonne. L’année suivante, il obtient un Bac+2 comme technicien supérieur en méthode d’exploitation logistique. Sur le plan familial, il est un père heureux qui voit ses enfants poursuivre des études universitaires.

Quels sont vos projets futurs ?

  Photo de Merab, accompagné de sa femme et de ses enfants

Parlant de ses projets futurs, Merab souhaiterait faire grandir son entreprise. Il désire dénicher plus de contrats qui permettront d’augmenter son chiffre d’affaires et ses revenus. Parallèlement, cela lui permettra de mieux s’occuper de sa famille. Il déclare n’avoir jamais oublié ses amis, restés en Ukraine. A cet effet, il déclare :“je désire retourner en Ukraine pour revoir mes amis ». Pour ce faire, il espère que la situation sera plus calme, et reste dans l’attente de l’obtention de son passeport.

Conclusion.

Le parcours de Merab est une véritable ode à la résilience et à la force intérieure. Sa capacité à se relever, et à se réinventer face aux obstacles, est une source d’inspiration. Son parcours est un modèle pour les exilés qui ont encore de la réticence à se lancer dans l’auto entreprenariat. 

En lui, nous voyons la preuve vivante que, peu importe les défis, de nouvelles pages peuvent être écrites. Son histoire rappelle à chacun de nous que les belles réussites sont possibles et à portée de main. Par conséquence, il faudrait garder espoir, et lutter pour ses convictions. 

Merab incarne l’esprit de persévérance. Il nous montre qu’à travers l’adversité, il est possible de survivre et de prospérer. C’est une qualité qui nous permet de laisser une empreinte positive sur le monde.

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