
Le milieu scolaire et/ou universitaire est considéré comme un endroit où on acquiert des connaissances. On y passe généralement plusieurs années avant l’obtention d’un diplôme, souvent appréhendé comme la confirmation d’un savoir acquis. L’expérience professionnelle vient dans la plupart des cas renforcer les connaissances acquises sur le plan académique. Ce sont des compétences que l’on retrouve chez de nombreux immigrés avant leur arrivée en France, et ceci dans différents domaines. C’est le cas de Ladine, une jeune Congolaise arrivée en France. Nantie d’un diplôme en secrétariat, domaine dans lequel elle a exercé au Congo son pays natal, Ladine n’a pas vu son expérience valorisée en France.
Comme de nombreux autres immigrés, elle subit le phénomène du déclassement qui s’exprime par la non prise en compte des compétences acquises avant l’exil. Cet article est l’histoire du courage et de la résilience d’une femme qui a appris à se reconstruire pour faire face à un phénomène qui est source de déséquilibre.
Le Congo, une vie avant la France.
Pays d’Afrique centrale traversé par la forêt équatoriale, le Congo est reconnu pour la richesse de son sous-sol. C’est dans ce pays que naît Ladine. Elle grandit à Kinshasa, la capitale, et est la troisième d’une grande famille de 8 enfants. Elle bénéficie de l’amour d’un père aimant qui accorde de l’importance aux études. Très tôt, elle débute ses études et se fait remarquer par son intelligence. En 1993, elle obtient le baccalauréat qui lui ouvre les portes du monde universitaire.
Le parcours universitaire et professionnel de Ladine.
1993 marque le début d’une nouvelle expérience pour Ladine. Elle intègre l’Institut Pédagogique Nationale (IPN) pour une formation en gestion administrative et scolaire. Elle valide ses deux premières années (niveau BTS) et arrête ses études suite à des problèmes de santé. En 1994, alors qu’elle fait face aux problèmes de santé, son père décède. Il rend l’âme lors d’un voyage en Inde aux côtés de ses deux sœurs aînées. C’est un coup dur qui l’affecte durement sur le plan émotionnel et mental.
Après plusieurs années de traitement, Ladine se sent mieux. Face aux difficultés financières, elle est obligée de trouver un emploi. Elle commence en tant qu’indépendante, le métier de commerçante (des produits agricoles) pour subvenir à ses besoins. La même année, elle se marie. Elle met au monde une jeune fille l’année suivante. La dureté et les difficultés liées à l’emploi de commerçante lui font arrêter cette activité en 2000. En 2002, Ladine débute un emploi de secrétaire dans une ONG (philanthropique). Elle a l’opportunité de mettre en pratique l’expérience acquise dans le domaine du secrétariat. Elle y passera deux années dans cette organisation. Malheureusement, les problèmes de santé refont surface. Sur la proposition de ses sœurs, elle décide d’aller en France pour rencontrer des spécialistes et se faire soigner.
L’arrivée en France en 2004.

En 2004, Ladine arrive en France pour rejoindre sa famille résident en région parisienne. Cette dernière va l’orienter vers un suivi médical. Elle fait la rencontre d’un spécialiste qui réussit à lui prescrire un traitement efficace. Son visa arrivant à expiration, et ne pouvant rentrer au Congo étant malade, elle rencontre des problèmes administratifs. Avec l’appui des médecins, elle commence des démarches pour sa régularisation. En 2006, elle obtient une autorisation qui lui permet de rester sur le territoire français et de poursuivre son traitement. Elle subit une opération critique à laquelle elle survit l’année suivante. A cet effet, Ladine se considère comme une miraculée. Elle s’engage à ne ménager aucun effort pour se relever.
Le déclassement, source de déséquilibre professionnel : une réalité pour les immigrés.
En 2017, elle décide de suivre une formation professionnelle pour son retour à l’emploi. Pour ce faire, elle travaille son projet professionnel. Malgré ses efforts, elle ne trouve pas d’emploi dans le domaine du secrétariat. En 2019, face à la difficulté à accéder à un emploi dans le domaine du secrétariat, elle décide de travailler comme agent d’entretien dans les bureaux. Cependant, le contact avec les produits chimiques nuit à sa santé. Elle se trouve dans l’obligation d’arrêter cet emploi.
Rencontre avec Metishima.
En 2023, elle fait la rencontre de Metishima. Son projet professionnel est retravaillé. Afin d’actualiser ses connaissances aux nouvelles exigences dans le domaine du secrétariat, elle va suivre une formation en informatique à Metishima. Elle acquiert ainsi les bases dans différents programmes informatiques qui lui permettent de s’adapter à l’évolution numérique en lien avec le domaine du secrétariat. Dans la continuité de l’actualisation des compétences, Ladine, en 2025, suivra une formation de secrétaire pour avoir une expérience en France. Cette formation qui débutera au mois de septembre 2025, s’inscrit dans le cadre de mise en action de son projet avec Metishima.
Conclusion.
Le déclassement, source de déséquilibre professionnel, est un phénomène qui touche particulièrement les populations immigrées ou conduites à l’exil. Ainsi, les compétences des exilés ne sont généralement pas prises en compte par les entreprises. Lutter contre les stéréotypes qui voudraient que les personnes exilées soient moins qualifiées devient une nécessité. L’histoire de Ladine est la preuve que face à l’adversité et aux problèmes de la vie, les personnes exilées ont des compétences qu’elles souhaitent mettre au service des entreprises. Malgré aux difficultés qu’elle a su surmonter, cette maman de deux enfants est toujours prête à apprendre et à travailler pour subvenir aux besoins de sa famille. Elle espère que son parcours sera un exemple pour toutes les personnes qui font face aux problèmes de santé et de déclassement.